
La cour d'appel de Paris a tranché
Marine Le Pen est condamnée pour détournement de fonds publics, à un an de prison ferme sous bracelet électronique. Elle a aussitôt annoncé sa candidature à la présidentielle et formé un pourvoi en cassation, qui ne sera probablement examiné qu'au printemps 2027…
Disons les choses clairement. L'exercice auquel se livre le Rassemblement national depuis mardi relève d'un choix politique assumé : transformer une décision de justice en épreuve de force, comme si le verdict d'une cour devait s'incliner devant le calendrier électoral.
Ce n'est pas ainsi que fonctionne un État de droit. La justice ne se négocie pas; elle s'applique, elle se conteste dans les formes prévues par la loi, et elle s'assume, y compris quand elle dérange.
Notre mouvement n'a jamais eu de complaisance pour les élus qui détournent l'argent public, quelle que soit leur étiquette. Ce principe ne se plie pas aux circonstances. Il n'y a pas une justice pour les partis populaires et une autre pour les partis puissants. Il n'y a pas de citoyens au-dessus des lois parce qu'ils rassemblent des voix.
On notera au passage un symbole assez cocasse : la candidate qui promet de rendre les Français plus libres fera campagne avec, à la cheville, le seul accessoire électoral qui ne se retire jamais.
La France mérite un débat présidentiel sur les idées, sur les projets, sur l'avenir du pays. Pas un procès permanent de nos institutions par ceux qui, condamnés, préfèrent crier au complot plutôt que respecter les décisions de justice.
Je continuerai à défendre une seule ligne : l'exigence éthique n'est pas négociable, ni pour nous, ni pour personne.
Bien à vous,
Bertrand Pancher
