
La France doit redevenir une voix de paix face à la guerre en Iran
Mes chers amis,
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Au moment où je vous écris, les échos du canon qui résonnent en Iran et au Levant ne sont pas de simples bruits lointains. Ils marquent une rupture tragique de l’équilibre mondial qui nous concerne tous. En ce mois de mars 2026, l’offensive massive menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran a fait basculer la région dans une guerre ouverte aux conséquences imprévisibles.
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Fidèle à mes convictions et à l'indépendance qui a toujours guidé mon action, je refuse de me résigner au silence ou au suivisme. Mon engagement pour une France souveraine et une diplomatie de paix reste intact.
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L'intervention directe de la coalition américano-israélienne, visant ce qu'elle appelle le « démantèlement du régime » iranien, a déjà causé des centaines de victimes civiles et la destruction d'infrastructures vitales. On nous parle de « neutralisation balistique », mais sur le terrain, c'est un peuple entier qui souffre et une région qui s'embrase.
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J'ai toujours dénoncé cette « vassalisation heureuse » de notre politique étrangère qui consiste à s'aligner systématiquement sur les intérêts de Washington. En acceptant cette logique de blocs, nous perdons notre capacité à être un médiateur crédible. La France ne doit pas être le supplétif d'une stratégie de "changement de régime" imposée par la force, dont nous connaissons, par l'histoire récente, les échecs sanglants.
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Infographie Visactu
Le Président de la République, Emmanuel Macron, s'est exprimé ces derniers jours. Sa position m'interpelle : il qualifie cette guerre de conflit se déroulant « en dehors du droit international », tout en affirmant que « la République islamique porte la responsabilité » de l'escalade.
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C'est là tout le paradoxe du « en même temps » diplomatique. Comment peut-on dénoncer l'illégalité d'une guerre tout en en validant implicitement les responsables? Cette sémantique est périlleuse. Elle nous entraîne vers une forme de co-belligérance qui ne dit pas son nom. La France doit certes être aux côtés de ses alliés face aux menaces, notamment après les attaques ayant touché nos emprises aux Émirats arabes unis , mais elle doit surtout exiger le retour immédiat au droit international et refuser la spirale de la surenchère militaire.
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Au milieu de ce chaos, mon regard se tourne vers le Liban. Ce pays est plus qu'un allié, c'est une part de notre âme. Rappelons-nous que c’est en 1920 que la France a contribué à la création du « Grand Liban », jetant les bases d’un État fondé sur le pluralisme et la coexistence.
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Aujourd'hui, cet héritage séculaire est menacé. Alors que les bombes tombent et que les populations sont déplacées massivement à Beyrouth et dans le Sud, la France a un devoir moral et historique. Nos 700 militaires engagés au sein de la FINUL sont le dernier rempart contre l'effondrement total. Comme je l’ai souvent rappelé, si le Liban s'écroule à cause de la vacuité institutionnelle et des pressions régionales, c’est une lumière de liberté qui s’éteint en Méditerranée. Nous ne pouvons accepter que le Liban soit « supprimé et remplacé » par le champ de bataille des puissances.
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Certains me diront : « Bertrand, pourquoi parler du Moyen-Orient alors que nos territoires souffrent ? ». Je leur réponds : parce que tout est lié. L'instabilité du détroit d'Ormuz et la guerre en Iran provoquent une explosion des prix de l'énergie qui frappe de plein fouet vos factures et votre pouvoir d'achat. Chaque milliard injecté dans une économie de guerre est un milliard de moins pour nos services publics, nos écoles et nos communes.
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La voix de la France doit redevenir celle de la raison et de la désescalade. Nous devons porter une initiative diplomatique forte, déconnectée des intérêts électoraux américains, pour sauver ce qui peut encore l'être et protéger le sanctuaire libanais.
Mes chers amis, restons mobilisés pour ces valeurs d'indépendance et d'humanisme. La France n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle parle pour la Paix.
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Bien à vous,
Bertrand Pancher
