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La conviction comme boussole

Mes chers amis,

Les urnes ont parlé dimanche. Et cette semaine, la France a aussi pleuré un homme. Ces deux événements, en apparence distincts, me semblent dire la même chose sur l’état de notre démocratie.

Le RN et l’UDR progressent, s’installent, normalisent. Ce n’est pas une surprise, c’est une confirmation. Mais ce qui m’a autant préoccupé que leur progression, c’est la réponse que certains lui ont opposée : des alliances contre nature, des fusions de listes avec LFI au nom du « barrage »,des républicains qui ont cru pouvoir éteindre le feu avec de l’essence. Cette tentation du renoncement aux valeurs au nom de l’arithmétique électorale, c’est exactement ce que Lionel Jospin a refusé toute sa vie.

 



La Nation lui a rendu hommage aux Invalides ce jeudi. Je n’ai pas toujours partagé ses convictions politiques et je ne les partage toujours pas. Mais il y a des qualités qui transcendent les clivages partisans : la rigueur morale, la fidélité aux principes, le refus de brader ce en quoi l’on croit pour quelques sièges ici et là. Ce sont ces qualités-là qui manquent cruellement à notre vie politique aujourd’hui, à gauche comme à droite.

C’est peut-être cette même exigence de cohérence qui rend si significatif un acte diplomatique discret mais historique hier matin. L’ambassadrice de Palestine a présenté ses lettres de créance au Président de la République ; conséquence directe de la reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron en septembre 2025. La mission palestinienne accède ainsi pleinement au rang d’ambassade, participant désormais à part entière au corps diplomatique accrédité à Paris. C’est un acte fort, que j’avais appelé de mes vœux. Il place la France dans une position singulière parmi les grandes puissances occidentales ; et c’est exactement là où elle doit être : en avance sur l’histoire, pas dans son sillage.

 

 



Car la cohérence, en diplomatie comme en politique intérieure, a un prix. Emmanuel Macron le reconnaissait lui-même au Conseil européen la semaine dernière : 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole et gaz transite par le détroit d’Ormuz et la destruction des capacités de production iranienne aura un impact bien plus durable que la seule fermeture du détroit. Nos agriculteurs, nos familles, nos entreprises locales le savent déjà sur leurs factures. La guerre au Moyen-Orient n’est pas une affaire lointaine ; elle entre dans chaque foyer par le prix de l’énergie.

Mes chers amis, cette semaine nous aura au fond rappelé une seule chose : la politique a un sens quand elle s’appuie sur des convictions stables. En politique intérieure comme sur la scène internationale, ce n’est pas la manœuvre qui reconstruit la confiance des Français. C’est l’exemple.

Fidèlement,

Bertrand Pancher

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