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Séminaire de rentrée politique : au Palais du Luxembourg, UTILES trace une nouvelle voie

Paris, vendredi 4 septembre 2026

Ce vendredi 4 septembre, UTILES, le Parti a tenu son séminaire de rentrée politique au Palais du Luxembourg, sous le marrainage de Jocelyne Antoine, sénatrice de la Meuse. De 9h00 à 18h00, devant une salle comble (les inscriptions avaient dû être bloquées à 250 personnes), élus de tous les territoires, anciens Premiers ministres et ministres, dirigeants syndicaux et patronaux, chefs d'entreprise, responsables hospitaliers, éducatifs et militaires ont travaillé autour d'une même ambition : « Présidentielles 2027 : préparer le monde de demain, c'est préparer et réussir l'alternance ».

En ouverture, Jocelyne Antoine a donné le ton de la journée. Dans nos territoires, des citoyens ont le sentiment de ne plus être entendus, de devoir se battre pour accéder à un médecin, à un service public, à une simple réponse administrative. Des élus locaux constatent que les décisions se prennent trop loin du terrain. Face à cette lassitude, la politique doit redevenir utile : utile parce qu'elle apporte des réponses concrètes, utile parce qu'elle protège ceux qui en ont besoin, utile parce qu'elle prépare l'avenir au lieu de gérer les crises les unes après les autres. Sa conclusion a servi de fil rouge à toute la journée : l'alternance de 2027 ne peut pas être seulement une alternance politique, elle devra être une alternance de méthodes. Les Français n'attendent pas un changement de personne : ils attendent un projet, une vision, une équipe capable de gouverner différemment et de tenir ses engagements.

Olivier Serva, Secrétaire général d'UTILES et député de la Guadeloupe, a rappelé la conviction fondatrice du mouvement : défendre ses idées sans dogmatisme et avec pragmatisme, en rassemblant les femmes et les hommes de bonne volonté qui ont une idée de la France. Des banlieues aux territoires ultramarins et aux territoires ruraux, trop de problématiques restent sans réponse satisfaisante. Pour nous, les territoires ne sont pas un problème à gérer : ils sont une solution, et les différenciations qu'ils appellent permettront à la France de rester une grandeur internationale.

Cazeneuve et Bertrand : une gauche et une droite de gouvernement sur la même estrade

Le premier temps fort de la matinée restera comme un moment rare de la vie politique française. Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, et Xavier Bertrand, ancien ministre et président des Hauts-de-France, réunis à la même table, sous l'animation de Luc Picot, pour répondre à une double question : comment gagner en 2027, et surtout comment gouverner ensuite ?

Bernard Cazeneuve a livré un diagnostic sans détour. Les Français sont lucides sur la situation du pays : le processus institutionnel est effondré, et aucune des forces politiques de l'échiquier, à l'exception des extrêmes, ne peut gouverner seule. Quel que soit le candidat qui franchira le premier tour, il devra rassembler les Français au-delà de l'élection, pour donner au pays non pas une majorité de fragilité et d'instabilité, mais une majorité de grande coalition. C'est ce qu'il appelle la coalition des engagés. Elle repose sur une condition, une seule : la clarté absolue de positionnement sur les sujets fondamentaux, qui doit se traduire par la clarté absolue dans les alliances. L'ancien Premier ministre a développé deux exigences non négociables. La laïcité d'abord, telle que la définissent la loi de 1905 et la loi de 2004 : le droit de croire ou de ne pas croire, la liberté garantie de pratiquer sa religion sans aucune pression, et le refus de toute instrumentalisation de la laïcité à des fins de discrimination, qui n'est pas la laïcité mais l'organisation de la confrontation à l'intérieur de la nation. La relation entre démocratie et État de droit ensuite : de plus en plus de forces politiques, dans le monde et en France, considèrent que le juge serait un obstacle à la puissance du politique et le contrôle de constitutionnalité un frein à la volonté populaire. Or il n'y a pas de démocratie si le pouvoir n'arrête pas le pouvoir. Convoquant 1940 et 1958, Bernard Cazeneuve a rappelé qu'aussi loin qu'on regarde dans l'histoire de ce grand et vieux pays, la France n'a jamais décidé de s'abandonner : la volonté de quelques-uns, d'abord seuls et souvent décriés, a toujours fini par rendre possible ce qui paraissait inconcevable au plus grand nombre.

Xavier Bertrand a répondu par le terrain. Si les extrêmes sont aux portes du pouvoir, c'est à cause d'une absence de résultats depuis des années, d'une absence de repères républicains et d'une éthique du pouvoir défaillante. Trop de politiques se croient tenus à une simple obligation de moyens : ce temps est terminé, ils sont désormais astreints à une obligation de résultat. La meilleure façon de faire reculer les extrêmes, c'est de s'attaquer aux causes du vote pour les extrêmes. Il en a apporté la démonstration par son expérience dans les Hauts-de-France : élu en 2015 grâce à un réflexe pleinement républicain d'électeurs de gauche, réélu en 2021 en faisant reculer le Rassemblement national de 16 points, non par magie mais par des résultats, notamment sur l'emploi, et par une éthique de rassemblement où personne n'est invisible, de la métropole lilloise à Dunkerque, de l'Avesnois au Vimeu. Les deux hommes ont rappelé ensemble un épisode fondateur : le démantèlement de la jungle de Calais en octobre 2016, 9 000 personnes exploitées par les passeurs, mené main dans la main par l'homme de gauche au gouvernement et l'homme de droite à la région, sans que l'un devienne gaulliste ni l'autre socialiste. La preuve que chacun gardant ses idées, on peut faire du sacré bon travail ensemble, conforme à l'intérêt général. Et un même refus pour conclure : celui du défaitisme et du cynisme qui gagnent la classe politique, car quand un pays tombe, ce sont les plus fragiles qui ne se relèvent pas.

Sur la méthode, leur convergence a été totale, et Yasmine Ghenaï-Lamour la résumera à la mi-journée : rendre du pouvoir aux territoires, oser toucher aux institutions, cesser de gouverner contre les corps intermédiaires. Deux candidats potentiels à l'élection présidentielle dans la même pièce, sans que personne ne demande à parler en dernier : à ce stade de la vie politique du pays, c'est presque un événement institutionnel.

L'alliance des périphéries : cinq mondes, un même mur

La deuxième table ronde, animée par Olivier Serva, a dessiné une carte inédite de la France : la Seine-Saint-Denis avec le sénateur Ahmed Laouedj, la Meuse avec Jocelyne Antoine, la Corse avec François Alfonsi, Président de Régions et Peuples Solidaires, ancien député européen et maire d'Osani, Grigny avec son maire Philippe Rio, et les outre-mer avec Olivier Serva. Cinq mondes qui, sur le papier, n'auraient rien à se dire. Dans les faits, cinq élus qui décrivent le même mur : ils savent quoi faire, ils savent comment le faire, il leur manque l'autonomie de pouvoir le faire.

Ahmed Laouedj l'a résumé d'une formule : ce ne sont pas les territoires qui ont quitté la République, c'est la République qui s'est retirée des territoires. Retirée par les fermetures de services publics, l'école laissée aux remplacements non pourvus, la substitution d'une police d'intervention à une police de présence, l'éloignement des juges et des soignants. Les chiffres parlent : 18,3 % de chômage dans les quartiers prioritaires contre 7,5 % dans les quartiers environnants, un quart des moins de 30 ans ni en emploi, ni en études, ni en formation. L'imposture consiste à imputer aux abandonnés la responsabilité de l'abandon. L'égalité territoriale, c'est redonner des services de proximité et écouter les élus locaux, premiers de cordée de la République.

Jocelyne Antoine a donné un visage à la ruralité : 88 % des communes de France, 33 % de sa population, 22 millions d'habitants, 10 millions de jeunes de moins de 20 ans, un tiers de l'emploi industriel. Et au sein de cette France rurale, une ultra-ruralité, celle de la Meuse, où le temps d'accès aux services atteint 35 minutes, où le taux de pauvreté grimpe à 13,8 %, où 68 % des habitants se sentent mal représentés par le gouvernement. Face à ce sentiment d'invisibilité, trois choix : changer de regard, car il n'existe pas une ruralité mais des ruralités, qui produisent, innovent et détiennent les ressources essentielles de demain, l'eau, la forêt, la biodiversité, l'énergie ; changer de méthode, en simplifiant les financements et en renforçant la planification ; faire le choix de la confiance, en passant d'une politique de rattrapage, celle de l'aumône, à une politique de projet.

François Alfonsi a élargi la focale à l'Europe : partout ailleurs, la personnalité qui compte dans un territoire est son élu légitime ; en France, c'est le préfet nommé en Conseil des ministres. Le centralisme français confond unité et uniformité, et c'est cette confusion qui fait le problème politique posé aux territoires à fortes spécificités géographiques, culturelles et historiques. Sur la Corse, qui occupe l'actualité depuis cinquante ans, il a appelé le Sénat à prolonger le geste d'ouverture de l'Assemblée nationale du 23 juin, alors que 68 % des électeurs de l'île se sont prononcés pour l'autonomie : se recroqueviller sur la doxa constitutionnelle jacobine reviendrait à claquer la porte au nez de la démocratie corse et à s'aliéner durablement sa jeunesse.

Philippe Rio, enfin, a appelé à bâtir le récit positif de cette alliance des périphéries : ruralités, banlieues, insularités et outre-mer ont beaucoup plus de points communs que de différences, et face au déclinisme ambiant qui détricote la nation, le défi est de refaire du récit commun, sans sécession territoriale. Il l'a dit avec la devise de la Comédie-Française : être ensemble en étant soi-même. Olivier Serva a conclu en rappelant ce que les outre-mer, onze territoires peuplés sur trois océans, apportent à la France : 80 % de sa biodiversité végétale, la deuxième zone économique exclusive du monde, les fusées Ariane et une présence géopolitique du canal du Mozambique au Pacifique. Il faut des projets pour que ces territoires continuent de faire rayonner la France.

Des services publics jugés par ceux qui les font vivre

Animée par Constance de Pélichy, députée du Loiret, la troisième table ronde a réuni un plateau que l'on ne voit nulle part ailleurs : Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des Centres E.Leclerc, le général Michel Yakovleff, ancien général de corps d'armée, Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN, Jérôme Goeminne, président du SMPS, syndicat des directeurs d'hôpitaux, et Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine. Car comment parler de République et de territoires sans parler de l'accès aux services, dont la dégradation réelle ou ressentie nourrit elle aussi la montée des extrêmes ?

Michel-Édouard Leclerc, fort de cinquante ans de rapports entre puissance publique et commerce, a rappelé une clé de lecture : les aménageurs ont toujours eu un temps de retard sur les évolutions technologiques et sur la demande, jusqu'à avoir poussé hier les commerces hors des centres-villes qu'on leur reproche aujourd'hui d'avoir quittés. Son envie, exprimée d'emblée : travailler ensemble. Le général Yakovleff a d'abord planté le décor géopolitique : l'ordre international a quitté un rivage sans savoir où il aborde, et les puissances moyennes attachées aux règles doivent se serrer les coudes. Puis il a livré une leçon de gouvernance tirée des armées, premier recruteur de France avec 22 000 recrutements par an et véritable ascenseur social, où la moitié des officiers ont été sous-officiers : la décentralisation ne vaut que si elle s'accompagne de responsabilisation, avec l'autorité et les leviers qui vont avec. Il rêve de voir des chefs d'établissement scolaire disposer des attributions d'un chef de corps. Bruno Bobkiewicz a précisément plaidé pour cette autonomie et cette responsabilisation des chefs d'établissement, au bénéfice direct de la qualité du service rendu aux élèves. Jérôme Goeminne a abordé sans tabou l'accès aux soins : quand la densité médicale est trois fois supérieure en PACA à celle d'autres départements, la question d'une régulation de l'installation, négociée avec les professionnels comme elle existe dans tous les pays d'Europe de l'Ouest sauf la France, ne peut plus être écartée ; réguler ne veut pas dire obliger. Il a aussi plaidé pour une politique de prévention transversale, pilotée dans les territoires. Jean-Christophe Fromantin, auteur du « Retour des provinces », a conclu sur une exigence : sortir du bazar administratif et faire surgir de cette campagne présidentielle ce que la France a de positif, partout où nous vivons.

À la mi-journée, Yasmine Ghenaï-Lamour, Déléguée générale d'UTILES, a rendu hommage à François Patriat, disparu le 19 août, qui aura exercé l'un après l'autre tous les mandats, enraciné cinquante ans dans un même territoire : l'incarnation de cette conviction qui nous rassemble, la République ne se vit pas uniquement depuis Paris. Puis elle a donné sa signature à la journée : avec vous, UTILES trace une nouvelle voie. Et rappelé le sens du nom du parti : on ne peut pas s'appeler UTILES et se réunir pour ne rien faire ; notre appartenance est une obligation de résultat.

Les comptes de la Nation, avec les partenaires sociaux au grand complet

L'après-midi, autour de Charles de Courson, député de la Marne et Président d'honneur d'UTILES, la table ronde animée par l'entrepreneur Rémy Groussard a réuni ce que la période politique actuelle réunit trop rarement sur une même estrade : Patrick Martin, président du MEDEF, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, Christelle Thiéffinne, secrétaire générale de la CFE-CGC, et Frédéric Souillot, secrétaire général de Force Ouvrière. Soit, réunies dans une salle du Palais du Luxembourg, des organisations représentant ensemble bien plus d'un million d'adhérents.

Charles de Courson a posé le cadre avec la rigueur qu'on lui connaît, en commençant par le fond : les finances ne sont que la conséquence de maux plus profonds. L'absence de confiance dans les corps intermédiaires d'abord, entre l'État et les collectivités comme entre l'État et les partenaires sociaux, sur lesquels le pouvoir n'a cessé de reprendre la main. La montée du sentiment d'injustice ensuite, entre les salariés modestes et ceux qui vivent de la solidarité nationale : non pas abaisser des minima sociaux déjà bas, mais remonter les bas salaires, en s'intéressant enfin aux cotisations qui pèsent sur un SMIC net. L'état calamiteux des finances publiques enfin : 3 500 milliards de dette, un déficit massivement de fonctionnement, un État qui n'investit presque plus, et 130 à 140 milliards de réduction du déficit à réaliser sur la prochaine mandature, dont l'essentiel devra porter sur la dépense. Sa conviction : sans grandes réformes structurelles, sans dialogue préalable avec les partenaires sociaux et sans discours de vérité, que les Français sont mûrs pour entendre, le redressement nous sera imposé de l'extérieur, comme il le fut à la Grèce, à un coût social détestable. Sa piste maîtresse : une véritable décentralisation sociale, avec un régime unique de retraite mis en gestion paritaire, sur le modèle de l'Agirc-Arrco, qui a su prendre des mesures courageuses qu'aucun gouvernement n'aurait osées.

Patrick Martin a partagé l'essentiel du constat, à sa manière : rétablir la vérité des prix. La France affiche un taux de dépenses publiques supérieur de 8 points de PIB à ses voisins européens et des prélèvements obligatoires records, y compris sur les entreprises, quand toutes les analyses, du FMI à la Banque de France, convergent pour dire que le pays va droit dans le mur s'il ne se réorganise pas pour être plus efficient. Les responsables syndicaux ont répondu sans langue de bois. Marylise Léon a posé la question de fond : confier des responsabilités aux partenaires sociaux, oui, mais pas pour se débarrasser d'un problème ; il faut la reconnaissance d'une légitimité à décider, avec les manettes qui vont avec, et non des ponctions décidées unilatéralement comme sur l'assurance chômage. Elle a défendu le rôle des branches, espaces essentiels de régulation contre le dumping social, et appelé à une articulation intelligente entre démocratie sociale et démocratie politique, qui ne soit pas à la carte. Christelle Thiéffinne a plaidé pour que chaque chose soit à sa place : les instances d'expertise comme le Conseil d'orientation des retraites éclairent, les politiques et les partenaires sociaux décident, dans un vrai jeu tripartite sur le régime de base, qui relève de la solidarité. Et elle a livré la formule qui restera de l'après-midi : avant la dette financière, c'est une dette de confiance qu'il faut rembourser. Frédéric Souillot a déplacé le regard : le problème des retraites n'est pas qu'on ne travaille pas assez longtemps, c'est qu'on n'est pas assez nombreux à travailler, avec l'un des plus bas taux d'emploi des jeunes de l'OCDE, un chômage des moins de 25 ans qui atteint 25 à 30 % dans les départements ultramarins, et un chantier à ouvrir sérieusement : le partage de la valeur. Il a aussi rappelé que le paritarisme sait faire preuve de solidarité concrète, de Mayotte après le cyclone Chido à la Gironde après les incendies de l'été.

Bertrand Pancher a poussé le débat sur trois questions précises : la gestion paritaire des grands organismes de sécurité sociale, la simplification des normes par les branches et les entreprises, et l'association formelle des partenaires sociaux à l'élaboration des lois sociales. Jean-Louis Borloo, venu saluer les travaux, a conclu d'un diagnostic cinglant : nous sommes au bout d'un système où tout le monde fait tout, où les systèmes incohérents sont des systèmes ruineux, où il faut redéfinir qui fait quoi dans ce pays. Le problème de la France n'est pas d'abord un problème d'élection présidentielle : c'est un problème de gouvernance et de feuille de route pour les dix ans qui viennent, rédigée et partagée par les entreprises, les représentants des salariés, les indépendants, l'industrie et l'agriculture. Car seul l'écrit permettra de fédérer la nation.

« Et maintenant, que faire ensemble ? » : cinq réformes et deux annonces

En clôture, Bertrand Pancher, Président d'UTILES, a tiré les enseignements de la journée. Le premier : quand on passe une journée entière à écouter des patrons, des leaders syndicaux, des directeurs d'hôpitaux, des proviseurs, un général, des maires et des parlementaires, on est frappé par leur sagesse ; tout le monde sait à peu près ce qu'il faut faire pour notre pays. Le second : le moteur de la France tourne, mais il tourne à vide, car une démocratie qui décide sans écouter se délite en fabriquant ses adversaires.

Il a donc fixé cinq leviers, cinq réformes à engager dans les six premiers mois du prochain quinquennat. Un : rééquilibrer les institutions, avec un Parlement enfin armé, des études d'impact généralisées et contrôlées par une autorité indépendante, une véritable cour constitutionnelle et un droit de tirage du Parlement sur l'expertise d'État, comme dans toutes les démocraties qui nous entourent. Deux : un État recentré sur ses missions essentielles, servi par des fonctionnaires enfin respectés, quand la haute administration a été méthodiquement désavouée au profit des cabinets de conseil, jusqu'à payer près de 500 000 euros un rapport sur l'avenir du métier d'enseignant. Trois : associer réellement les citoyens, en tirant la leçon du grand débat national et de la Convention citoyenne pour le climat, promis sans filtre puis entièrement filtrés ; déverrouiller le référendum d'initiative partagée en supprimant le verrou des 185 parlementaires et en abaissant le seuil des 4,7 millions de signatures, quand 100 000 suffisent en Suisse. Quatre : faire confiance aux corps intermédiaires, en généralisant la gestion paritaire des dépenses sociales et l'adaptation du droit du travail par la négociation, sur le modèle de l'Agirc-Arrco, une centaine de milliards de pensions versées chaque année à l'équilibre, sans 49.3 et sans une manifestation. Cinq : la mère des réformes, les territoires ; transférer toutes les compétences non régaliennes de l'État à deux niveaux de collectivités, trois au maximum, avec une réelle autonomie fiscale et réglementaire et un droit de différenciation qui ne soit pas un slogan, comme l'a fait le Danemark en une seule réforme. Un seul principe pour ces cinq chantiers : rapprocher la décision de ceux qui la vivent et rendre à chaque acteur le pouvoir d'agir qu'on lui a retiré.

Le Président d'UTILES a ensuite fixé le cap politique : trouver et soutenir un candidat à l'élection présidentielle qui incarne ces valeurs et cette méthode, et présenter au moins une centaine de candidatures ciblées aux prochaines élections législatives, négociées circonscription par circonscription avec tous les partenaires républicains de la prochaine majorité, pour un Parlement enfin renouvelé.

Il a enfin lancé officiellement, depuis le Palais du Luxembourg, le programme de formation politique « UTILES aujourd'hui et demain ». Parce que la démocratie française souffre autant d'un déficit d'idées que d'un déficit de compétences politiques, et que la formation politique reste un privilège transmis entre initiés, ce programme se déroulera sur trois jours et dans trois France : une journée à Paris, à l'Assemblée nationale, pour les outils du métier, droit électoral, comptes de campagne, direction de campagne, prise de parole ; une journée sur le terrain de la sécurité, des flux migratoires et de l'Europe ; une journée dans la ruralité, en Haute-Marne ou dans la Meuse, autour de l'économie et du pouvoir d'achat. Ouvert à tous, sans aucun engagement demandé à la sortie, avec une participation plus que réduite. Les inscriptions ouvriront fin septembre. La première promotion portera le nom d'Aimé Césaire.

Pour nous, cette journée l'a démontré : quand on écoute, quand on fait travailler tout le monde ensemble, quand on confie les responsabilités à ceux qui ne demandent qu'à les exercer, il existe bien une nouvelle voie pour la France. La machine France n'est pas cassée, elle est juste débranchée. Rebranchons-la.

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