top of page

Carburant, diplomatie, fin de vie : une semaine de crises qui appellent des réponses claires

Cette semaine a eu le goût amer des crises qui s'accumulent : guerre au Moyen-Orient, prix du carburant qui écrase les fins de mois, hantavirus qui ravive les fantômes du Covid, et Sénat qui enterre pour la deuxième fois le droit à mourir dans la dignité. Autant de sujets sur lesquels je veux vous dire ce que je pense, sans détour.

Sur la crise énergétique d'abord. Le Premier ministre Lecornu a annoncé jeudi un nouveau dispositif d'aides pour le mois de juin, destiné à protéger les Français les plus touchés par la hausse des prix du pétrole. Je ne nie pas l'effort. Mais je ne peux pas me satisfaire d'une politique d'accompagnement permanente qui soigne les symptômes sans jamais s'attaquer aux causes. Le RN réclame une baisse des taxes, « simple et lisible » dit Bardella, quand le gouvernement répond par des « usines à gaz ». Ni l'un ni l'autre ne dit la vérité entière : tant que le détroit d'Ormuz reste fermé et que la guerre dure, aucune mesure fiscale ne suffira.

Car sur la scène internationale, je veux saluer l'initiative d’Emmanuel Macron, qui plaide pour une mission « totalement neutre et pacifique » aux Nations unies pour sécuriser le détroit d'Ormuz, tout en notant la fragilité d'une posture qui repose beaucoup sur le verbe. À Erevan, le Président a revendiqué un rôle de médiateur incontournable, affirmant que « les Américains nous font confiance, les Iraniens nous respectent. ». La France a une singularité diplomatique précieuse et elle doit l'assumer. Mais la médiation se mesure à ses résultats, pas à ses déclarations et pour l'heure, les discussions restent dans l'impasse, tandis que Trump vante son bilan depuis la Maison Blanche…

​​​

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette semaine n'aura pas été que sombre. Mercredi, la commission des lois de l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité la proposition de loi portant abrogation du Code noir, portée par Max Mathiasin. Ce recueil d'édits royaux des XVIIe et XVIIIe siècles avait organisé l'esclavage dans les colonies françaises et n'avait jamais été expressément retiré du droit français, malgré les abolitions de 1794 puis de 1848. C'est une anomalie juridique vieille de trois siècles qui disparaît enfin. Le texte sera en séance publique le 28 mai prochain. Ce n'est pas qu'un symbole : c'est la République qui se regarde en face.

Ce que le Sénat n'a pas su faire cette semaine sur un autre sujet. Pour la deuxième fois, il a rejeté la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir. Je le dis clairement : c'est un recul. Des millions de familles attendent une réponse humaine et digne à la question de la fin de vie. Les bloquer une nouvelle fois, c'est leur manquer de respect. Ce combat-là aussi, nous le continuerons.

Dans la confusion générale - un RN qui s'agite, une gauche qui s'atomise, un centre qui se cherche - notre rôle à UTILES est de tenir une ligne simple et lisible : ni dans les postures, ni dans la surenchère. Une France qui répare ce qui est cassé, qui protège ceux qui travaillent, qui assume ses responsabilités en Europe et dans le monde. C'est pour cela qu'on existe. C'est pour cela qu'on continuera.

Bon week-end à toutes et à tous.
 
Bertrand Pancher

DC-Maison-Blanche-Courtesy-Washington.org_-1.webp
bottom of page